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Revue de presse

Mélancolie de la Résistance
Création mondiale de l'opéra de Marc-André Dalbavie à la Staatsoper Unter den Linden Berlin

À la Staatsoper de Berlin, Marc-André Dalbavie adapte La Mélancolie de la résistance à l’opéra et à l’écran

"... L' »ange à manteau de postier » qu'est Valouchka, l'innocence que M. Esther échoue à protéger, est incarné par Philippe Jaroussky, dont le dernier monologue, celui où transparaît encore la pureté du personnage même quand il cède à la contagion des partisans de la destruction, est le sommet émotionnel de la soirée. Sa mère n'est autre que Sandrine Piau, qui sans avoir besoin de caricaturer son personnage dessine avec humour et finesse le portrait de cette incarnation de l'égoïsme paniqué des gens comme il faut. Particulièrement gratifiants vocalement, les deux rôles semblent avoir été écrits pour leurs interprètes..."

Dominique Adrian, ResMusica, 4 juillet 2024

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Melancholie des Widerstands: Hat man nun einen Opernfilm oder eine Film-Oper erlebt?

"... Den stärksten Eindruck hinterließ Sandrine Piau als verbitterte Kleinbürgerin Rosi Pflaum, die diese Rolle zu einem Kabinettstück machte..."

Peter Sommeregger, Klassik begeistert, 1er juillet 2024

Die Wahrheit ist dissonant

"... Das ist durchaus interessant zu sehen und zu hören, zumal die Parallelen zum Heute auf der Hand liegen. Und die Solist:innen – allen voran Matthias Klink als vergrübelter Georges Esther, Tanja Ariane Baumgartner als seine nach der Macht greifende Frau, Sandrine Piau als Madame Pflaum und Philippe Jaroussky als ihr Sohn Valouchka – pendeln virtuos zwischen Sprech- und Gesangsstimme, Filmunderstatement und Seifenopernzuspitzung. Marie Jacquots umsichtiges Dirigat hält den großen Orchester- und Technikapparat zusammen..."

Georg Kasch, nachtkritik.de, 1er juillet 2024

Mein Herz ist tot, ich erwach’ zu neuem Leben

"... Großartig aber sind die Sänger Philippe Jaroussky, Sandrine Piau und Tanja-Ariana Baumgartner..."

Clemens Haustein, Frankfurter Allgemeine, 2 juillet 2024

Sandrine Piau dans 

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La soprano aussi à l’aise dans le baroque et la mélodie française que dans le lied allemand s’apprête à recréer son «Voyage intime», avec le pianiste David Kadouch au Festival de Saint-Denis.

 

Le soleil vient de crever la barrière des nuages et l’on est attablé avec Sandrine Piau dans une buvette surplombant la plage de Paço de Arcos, à vingt minutes de Lisbonne. Pas facile de trouver un jour dans l’emploi du temps de la soprano où elle ne soit ni en répétition ni en concert. N’ayant que deux airs à assurer dans la Passion selon Saint-Jean de Bach, qu’elle doit donner en début de semaine à la Fondation Calouste-Gulbenkian, dans la capitale portugaise, elle peut dérouler le fil de sa carrière sans craindre de mettre en péril ses précieuses cordes vocales. Dans le Portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde affirme que plus un comédien est banal dans la vie, meilleur il est sur scène. A la différence de Jessye Norman ou de Renée Fleming, Sandrine Piau n’a pas chanté sur les Champs-Elysées, pour le bicentenaire de la Révolution française, ni au stade MetLife, dans le New Jersey, durant la mi-temps du Super Bowl. «Etre une star est un talent. Moi, je suis passe-partout : je me fonds dans les rôles, physiquement et vocalement, au point que personne ne me reconnaît. S’il importe de ne pas se dissoudre complètement dans les exigences d’un chef et d’un metteur en scène, l’opéra demeure un art de la métamorphose», confie-t-elle, tout de go.

 

«Ceux qui me voyaient comme une fée clochette roucoulant du Vivaldi ont été surpris»

Rien ne prédestinait celle qui est née en 1965 à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), puis a grandi à Clamart, à devenir une vocaliste au lyrisme altier et flamboyant. Ses premiers souvenirs ? L’hôpital Necker où elle fut opérée pour un problème rénal et passa une partie de son enfance. Elle se rêva d’abord danseuse, mais le médecin de famille ayant diagnostiqué une scoliose, elle y renonça «la mort dans l’âme». Ses parents écoutaient aussi bien des variétés et du rock que du classique et, voyant qu’elle fredonnait tout le temps, eurent l’idée de lui faire passer le concours de la maîtrise de Radio France. C’est ainsi qu’elle observa, depuis le chœur, Plácido Domingo et Mirella Freni chanter la Bohême au Palais Garnier. «J’ai aimé l’odeur des coulisses, la poussière tournoyant dans les faisceaux des projecteurs, ajoute-t-elle. Mais depuis que j’avais vu la Duchesse, des Aristochats, jouer de la harpe dans le film de Walt Disney, j’étais déterminée à apprendre cet instrument.» Elle y parvient : diplômée du conservatoire de Paris, en harpe et en musique de chambre, elle joue des pièces contemporaines de Cage, de Berio et de Donatoni quand un ami flûtiste lui suggère d’intégrer la classe d’interprétation de musique vocale ancienne que dirige William Christie, offrant plus de débouchés professionnels. Le chef américain l’accepte : «Arrête de jouer de la harpe et je ferai de toi une chanteuse», lui dit-il. Elle refuse – «être dans le chœur, de temps en temps, m’allait très bien» – puis finit par accepter et s’illustre, sous sa direction, dans The Fairy Queen de Purcell et les Indes galantes de Rameau, avant d’enchaîner d’autres œuvres avec les chefs Philippe Herreweghe, Jean-Claude Malgoire, Gustav Leonhardt et Christophe Rousset.

Nouvelle sensation française du baroque, Sandrine Piau diversifie son répertoire en se produisant à l’étranger dans des rôles mozartiens, démontrant que son aigu gracile peut s’enrichir et rayonner, mais également en incarnant Mélisande, dans Pelléas et Mélisande de Debussy, Ninette dans l’Amour des trois oranges de Prokofiev, Cléopâtre dans le Giulio Cesare de Haendel, et tout récemment une belle-mère bégayante dans Innocence, de feue Kaija Saariaho, présenté au Festival d’Aix et au Covent Garden de Londres. Morticia Addams au regard noir un jour ; sylphide à la tendre blondeur le lendemain ; éternelle étudiante en jeans et baskets, avec nous face à la mer, Sandrine Piau a-t-elle voulu dresser un bilan de sa carrière en gravant récemment quatre albums extraordinaires pour le label Alpha ? Quel tempérament et quelle noblesse dans les Sieben frühe Lieder de Berg, fleuron de Clair-Obscur, sorti en mars 2021. Un disque en hommage à Bachelard («Le rêveur ! Ce double de notre être, ce clair-obscur de l’être pensant») et à Gramsci («Le vieux monde se meurt, le nouveau tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres») dans lequel elle livre également un Waldgespräch de Zemlinsky vénéneux et inquiétant, et des lieder de Strauss somptueux de couleur comme de legato. «Ceux qui me voyaient comme une fée clochette roucoulant du Vivaldi ont été surpris. Mais je porte ce répertoire depuis si longtemps que l’on m’invite, moi, Française, à l’interpréter en Allemagne !» note celle dont la voix, qui a gagné en rondeur et en lumière, rivalise désormais avec les plus belles du XXe siècle.

 

«Ces disques évoquent le caractère fugitif du bonheur et de la beauté»

Ses incarnations de reines, magiciennes et sirènes haendeliennes dans Enchantresses, paru en 2022, n’ont rien à envier, en matière de furie et d’abattage rythmique, à celles d’une Cecilia Bartoli. Chaînon manquant entre Clair-Obscur et son dernier album, Reflet – le plus beau, pour ses Koechlin oniriques, puissamment servis par son médium charnu et capiteux –, l’album Voyage intime, sorti en 2023, panache lieder de Wolf, Schubert, Liszt et Clara Schumann, et mélodies de Debussy, Duparc et Lili Boulanger. C’est ce programme qu’elle a choisi de redonner, avec le pianiste David Kadouch, au Festival de Saint-Denis. «Je me suis beaucoup dévoilée dans ces disques qui évoquent le caractère fugitif du bonheur et de la beauté, dont on ne mesure la valeur qu’en les décomposant en une succession d’instants, comme l’ont fait, des couchers de soleil, les peintres impressionnistes et pointillistes. Les femmes se résignent hélas à refléter les désirs des hommes et de la société, à n’être et ne faire que ce que l’on attend d’elles. Mais courir après des chimères, qu’il s’agisse d’ailleurs fantasmés ou inaccessibles, de constructions idéologiques ou mentales, peut être fatal.»

Eric Dahan, Libération, 31 mai 2024

Tournée BÉRÉNICE de Haendel avec Il Pomo d'Oro

Bérénice de Haendel, consistante et rayonnante, au Théâtre des Champs-Élysées

"... Avec Sandrine Piau aux commandes du rôle principal, le règne de l’élégance est déclaré. La soprano commence, dans son premier air, à régler son cadre de chant, les angles et les courbes jusque dans lesquelles sa Bérénice a le droit de cité. Jusqu’à l’issue de l’œuvre, elle se confiera comme dans un livre ouvert, interprétant la protagoniste en même temps qu’elle la commente. Elle lit le personnage de l’extérieur tout en lui prêtant ses traits et sa voix, claire et limpide. Sur ce troublant paradoxe, la transparence du cristal est de mise pour ne faire qu’une avec ces deux personnalités simultanées. Prodige de nuances, de coloratures, de textures et d’orfèvrerie, elle perpétue la jeunesse éperdue d’une femme qui voudrait aussi bien décider de son sort que de le laisser à la merci des autorités romaines..."

Thibault Vicq, Opera Online, 21 mai 2024

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La rare Bérénice de Haendel cherche un retour en grâce aux Champs-Elysées

"... La Bérénice de Sandrine Piau fait valoir une voix lumineuse et flexible, homogène sur toute la tessiture et à la colorature impeccable. Indomptable (personne ne choisira qui elle doit épouser), un tant soit peu capricieuse, elle est loin d’avoir la dignité tiraillée d’une reine se battant pour sauvegarder son empire. Sa fureur est en demi-teinte lorsqu’elle apprend la trahison de Démétrius. L’aria « Chi t’intende » offre une complicité remarquée avec le hautbois, tout en finesse et délicatesse, longuement applaudie..."

Véronique Boudier, Ôlyrix, 23 mai 2024

Carry on up the Nile: Handel's Berenice by the Seine

"... Leading the cast was the great French soprano Sandrine Piau in the title role. She was in good form, singing with her accustomed elegance and accuracy, and turning in a committed dramatic portrayal. Highlights included a forceful rendition of “Traditore, traditore”, and the well known aria “Chi tíntende”, with a delightful oboe solo played by Rodrigo Gutiérrez..."

Sandra Bowdler, Bachtrack, 22 mai 2024

Berenice: Un Haendel menor en las mejores manos

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"... Sandrine Piau es la gran soprano haendeliana de nuestros tiempos. Después de treinta y cinco años de carrera conserva su voz inmaculada con las ganancias acumuladas en color y capacidad expresiva, que es insuperable. En la mencionada aria —muy extensa— hizo un alarde de fraseo, buen gusto y agilidad que nos dejaron a todos con ganas de más. Y, en definitiva, sacó todo lo que pudo de un papel que, francamente, no daba para más..."

Javier Sarría Pueyo, Scherzo, 21 mai 2024

L'album REFLET récompensé en Allemagne

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L'album REFLET dans Telerama

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Diapason d'Or pour l'album REFLET

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Sandrine Piau et Véronique Gens, l’éternelle jeunesse de deux voix jumelles

Par Thierry Hillériteau

Publié le 31/03/2024 à 17:24, Mis à jour le 31/03/2024 à 17:29

Trente-cinq ans après le lancement de leur carrière, les deux sopranos, venues du baroque, affichent une santé vocale insolente… Et publient simultanément deux disques chocs de mélodie française avec orchestre.

Le mois dernier, elles partageaient l’affiche d’Atys, de Lully, donné en version de concert à l’Opéra d’Avignon et au Théâtre Raymond Devos de Tourcoing, sous la houlette du Centre de musique baroque de Versailles, et la baguette du chef et flûtiste Alexis Kossenko. Tout un symbole, pour celles qui débutèrent presque en même temps dans la troupe des Arts Florissants, de William Christie. C’était en 1989, dans la production aixoise de The Fairy Queen, de Henry Purcell. À l’époque, Véronique Gens fréquentait déjà les Arts Flo depuis plusieurs années. Elle avait même participé, dans les chœurs, au côté d’un certain Hervé Niquet, à la mythique production d’Atys mise en scène par Jean-Marie Villégier. La première: celle de 1987…

Sandrine Piau, elle, venait tout juste de rejoindre l’aventure. Presque par hasard, après avoir rencontré Christie au conservatoire, où elle se destinait à devenir harpiste. À fréquenter les mêmes cercles baroques, leurs chemins auraient pu se croiser sans discontinuer au fil des ans, tant leurs voix sont complémentaires. À l’une, Sandrine Piau, les cimes et l’agilité d’un soprano léger, qui cultiva sa fraîcheur dans les sillons fertiles de Haendel et de Mozart sans mépriser le répertoire contemporain. À l’autre, Véronique Gens, l’épaisseur d’un soprano lyrique qui se nourrit de tragédie baroque ou classique, avant de s’épanouir dans la redécouverte d’un romantisme français qui fait la part belle au centre de la voix.

Le hasard de leurs parcours respectifs en a voulu autrement. Pourtant, les deux chanteuses, nées à un an d’écart, n’ont eu de cesse de poursuivre des destins parallèles. S’offrant toutes deux, chacune dans son registre, des échappées mozartiennes de premier plan. L’une plutôt Suzanne. L’autre plutôt Comtesse… Avant de s’épanouir ces dernières années dans la mélodie française. C’est à cette dernière que sont consacrés les deux albums qu’elles viennent de publier, à quelques semaines d’intervalle. Tous deux sous la même étiquette: Alpha. Tous deux aux titres aussi poétiques qu’évocateurs - Reflet pour Sandrine Piau, Paysage pour Véronique Gens. Et tous deux exclusivement consacrés à la mélodie française - ou en français - avec orchestre!

 

Un feu d’artifice

Deux programmes qui leur ressemblent: aussi différents sur la forme que complémentaires sur le fond. À Sandrine Piau «le feu d’artifice de couleurs et de miroitements» suscité par les rencontres entre Berlioz et Théophile Gautier, mais aussi Ravel et Mallarmé, Koechlin et Haraucourt, Britten et Hugo…
À Véronique Gens, la primeur d’un bouquet de redécouvertes savamment composé par le directeur du Palazzetto Bru Zane, Alexandre Dratwicki. Et glanés dans les champs encore sauvages d’un Théodore Dubois, d’un Fernand de La Tombelle ou d’un Reynaldo Hahn. «Lorsque Berlioz orchestre en 1856 son cycle de mélodies avec piano intitulé Les Nuits d’été, sait-il qu’il invente le genre de la mélodie avec orchestre?», interroge Dratwicki en prélude dans le livret du disque de Véronique Gens. Sandrine Piau lui répond en convoquant en ouverture de son disque le plus célèbre des airs des Nuits d’été, Le Spectre de la rose.

Fascinant jeu de miroirs, qui trouve son écho le plus troublant, quelques pistes plus loin, alors que les deux sopranos chantent exactement les mêmes vers de Verlaine. Ceux extraits de son non moins célèbre poème Le Ciel est par-dessus le toit. Mais mis en musique par deux compositeurs: Reynaldo Hahn dans la mélodie D’une prison, et Benjamin Britten dans ses Quatre chansons françaises. Comme si les deux musiciennes s’interpellaient par disque interposé, sur ces vers nostalgiques et évocateurs: «Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà, de ta jeunesse?»

 

Sacrée artiste de l’année

Car outre leurs débuts presque simultanés dans le baroque et leur passion partagée pour la mélodie française, Sandrine Piau et Véronique Gens ont un autre point commun des plus troublants: l’insolente santé vocale dont chacune fait encore preuve, plus de trente-cinq ans après le début de leur carrière. Une santé qui les a poussées à se défier amicalement, il y a deux ans, dans un programme d’airs et de duos composés pour deux prima donna «rivales» de légende du Siècle des lumières: la Dugazon et la Saint-Huberty (nées elles aussi avec un an d’écart!).

Une santé, surtout, qui transparaît dans chacun de leurs disques. Sans doute ne serait-il pas exagéré de parler, pour qualifier le disque Reflet, de «miracle d’une voix». Voix qui non seulement n’a pas pris une ride, mais dont le timbre incroyablement chaleureux et enveloppant semble gagner en profondeur de chant d’année en année sans que les aigus en pâtissent. Voix dont l’intelligibilité, la qualité de la diction, mais aussi l’intelligence du texte, nous emmène à chaque nouvel opus un peu plus loin dans la poésie, les phrasés, la longueur de souffle. Capable de colorer chaque syllabe avec une précision d’orfèvre, tout en conservant ce naturel idéal de justesse et d’intention. Jamais trop expressive.

Toute de fraîcheur et d’innocence. «Que de jeunesse emporte l’heure, Qui n’en rapporte jamais rien! Pourtant quelque chose demeure…», chante de son côté Véronique Gens sur la musique de Dubois. Difficile de ne pas voir dans ce quelque chose la permanence d’une voix qui n’a rien perdu elle non plus de son lyrisme et de son intelligence du texte. Au point d’avoir été couronnée l’an dernier, à juste titre, artiste de l’année par le très prestigieux magazine Gramophone!

Sandrine Piau: «Reflet» (Alpha), avec l’Orchestre Victor Hugo (dir. Jean-François Verdier). Véronique Gens: «Paysage», avec l’Orchestre de la radio de Munich (dir. Hervé Niquet).

Le Messie de Haendel, humilité et majesté au Festival de Pâques d'Aix
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"...La soprano française Sandrine Piau, aux interventions toujours préparées par la partition, y insère une voix ferme et généreuse, au timbre de raisin pulpeux, au vibrato diversement rythmé et pigmenté. Elle accueille la basse continue comme une confidente, dans les parties lentes, et lance des vocalises enluminées par l’attaque supérieure de la note, rythmiquement articulées. Il y a de l’opéra dans sa composition, une présence ancrée dans le réel à l’intensité persuasive..."

Ôlyrix, Florence Lethurgez, 2 avril 2024

ATYS de Lully au Grand Opéra d'Avignon

Atys transfiguré
"...Seules quelques rares œuvres, le plus souvent emblématiques, ont donné lieu à des travaux, aussi nombreux que documentés, permettant d’en connaître toutes les modalités de création, de l’établissement des sources aux conditions de leur exécution, couvrant des domaines aussi larges que l’organologie et la paléographie musicale. Atys figure maintenant parmi elles, et ce n’est que justice...."

"...Figure féminine attendrissante, Sangaride est confiée à Sandrine Piau, sur laquelle les ans n’ont pas prise : la fraîcheur d’émission, sa clarté comme son expression font merveille. Après « Quand le péril est agréable », le languissant

« Atys est trop heureux » sur basse de chaconne, où sa tendresse malheureuse s’exhale, est un moment attendu, et récompensé, ô combien !..."

Forum Opéra, Yvan Beuvard, 13 mars 2024

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Atys à Avignon, ou l'histoire musicale en Lumières

"...Amoureuse d’Atys, mais promise au roi Célénus, Sangaride est interprétée par la soprano Sandrine Piau. Elle prête à la nymphe, fille du fleuve Sangar, sa voix cristalline et nuancée. À l’instar de sa collègue, elle fait preuve d’élégance et d’une belle présence sur scène. Son expression est toujours gracieuse, avec des phrases délicatement menées et un vibrato très présent..."

Ôlyrix, Moisés Ordóñez Alarcón, 12 mars 2024

Une seconde révolution Atystique à Avignon

"...Comme dans toute crise politique, et les révolutions en premier lieu, le corps diplomatique est en première ligne. Ici, ce sont Les Ambassadeurs ~ La Grande Écurie (fusion des phalanges d’Alexis Kossenko et de Jean-Claude Malgoire) qui jouent ce rôle. Ils sont menés par leur directeur Alexis Kossenko, placé au centre de la fosse, et qui dirige à mains nues, d’une gestique souple et dynamique. Les vents sont donc placés sur la scène, offrant un son gras et pénétrant, tandis que les timbales placées en coulisses se montrent majestueuses ou tonnantes selon les situations. ..."

"...Sangaride est quant à elle promise à Célénus, bien qu’amoureuse d’Atys. Elle est chantée par Sandrine Piau qui fait merveille de sa voix fine et bien audible, au timbre pur et à l’expressivité à fleur de peau. Son vibrato est fin et rapide. ..."

Classykéo, Damien Dutilleul, 12 mars 2024

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Atys revisité par le Centre de Musique Baroque de Versailles : de la musicologie à l’émotion

"...Cette première représentation d'Atys sous la direction musicale d'Alexis Kossenko est le fruit de plusieurs années de recherche au plus près des sources de l'époque de Lully..."

"...Sangaride a une voix claire, brillante et touchante : c'est Sandrine Piau qui lui prête la souplesse de sa voix. Selon les directives de Lully, l'ornementation est sobre, sans diminutions, de nombreux témoignages de l'époque en attestent. Le débit des récitatifs est fluide, le tempo assez rapide, proche de celui de la conversation...."

ResMusica, Cécile Glaenzer, 13 mars 2024

Magicienne, reine et martyre, les héroïnes baroques par Sandrine PIAU

La fée Sandrine Piau en complicité de l’ensemble La Rêveuse

"... Il était une fois la fée Sandrine qui cheminait avec l’Oiseau dans la forêt bruissante…
Autrement dit, quand la soprano Sandrine Piau rencontre le flûtiste à bec Sébastien Marq et l’ensemble La Rêveuse, la magie baroque s’illumine. Ce 22 février, dans l’auditorium de la Maison de la Radio, l’immersion dans le baroque londonien de G.-F. Haendel et ses contemporains est jouissive. D’autant que les influences croisées entre Italie, Allemagne et Angleterre animent le parcours sélectionné..."

"... Fée Morgane émouvante, tragique martyre Theodora, Cléopâtre amoureuse, Sandrine Piau décline les facettes de son soprano lumineux. La ligne de force réside dans la subtilité expressive des affetti, en dialogue des acolytes instrumentistes. Sans démonstration (pas d’aria à vocalises), mais avec une jeune souplesse vocale sur tout le registre, elle fait assaut d’expressivité avec la gambiste dans l’air “Credete al mio dolor” (Alcina). Ou encore d’espiègles jeux d’écho avec le flûtiste à bec dans « Il volo cosi Fido » (Riccardo primo). Pleine d’humour, leur cadenza accueille deux gosiers d’oiseau, l’un caméléonisant l’autre. C’est dans le registre émouvant que Sandrine Piau fait toute la différence avec d’autres soprani handeliennes également valeureuses (Sophie Junker, Emöke Barath par exemple). L’aria plaintif de Cleopatra “Piangerò la sorte mia” (Giulio Cesare) traduit une intense émotion en toute discrétion (ce n’est pas un paradoxe avec l’artiste) avant les turbulences de la seconde partie de l’aria da capo. L’auditoire est également subjugué par ses prestations ombrées ou funestes des héroïnes d’Albion. L’artiste y réalise une alchimie entre la coulante prosodie anglaise et l’ethos sobrement plaintif de femmes au bord du crépuscule : « O take me from this hateful light » (Enlève-moi de cette lumière détestable). Cette courbe du récital, conduisant depuis le joyeux « Bel piacer » (Rinaldo) vers l’ascèse funeste est un choix osé. Il est d’ailleurs renouvelé par le contraste des bis : un plaisant chant de sirène extrait de Rinaldo, avant la célèbre déploration du « Lascia ch’io pianga », prolongée par le lento instrumental en épilogue..."

Un concert donc émouvant et plébiscité par le public de l’auditorium !

Première Loge, Sabine Teulon Lardic, 25 février 2024

Sortie de l'album Reflet

Reflets et éclats de la mélodie avec Sandrine Piau et l’Orchestre Victor Hugo

"...Après la réussite célébrée de leur album de Lieder Clair-Obscur,  Sandrine Piau et l’Orchestre Victor Hugo poursuivent leur démarche complice avec Reflet. De Berlioz à Koechlin, la mélodie française avec orchestre y réserve quelques raretés (4 Chansons françaises de Britten) en sus de titres connus. La soprano et les musiciens les investissent avec d’infinis miroitements..."

"... La capacité de l’artiste à moduler les émotions est celle d’une musicienne chambriste (harpiste de formation) sachant s’intégrer au tissu orchestral tout en conduisant sa ligne de chant (en chanteuse lyrique).  En nous référant au coussin moelleux des violons avec sourdine (Le Spectre de la rose), pouvons-nous affirmer que les consignes berlioziennes s’appliquent aussi à son nuancier vocal : « les sourdines aux premiers violons coloreront l’instrumentation par le mélange des sons clairs et des sons voilés »...

Première Loge, Sabine Teulon Lardic, 14 février 2024

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Reflet récompensé par le Diamant Opéra Magazine

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SIRENENGESÄNGE

" ...Wenn die kristallin-klare und leuchtende Sopranstimme von Sandrine Piau auf ihrem neuem Album "Reflets" durch ätherische Instrumentalklänge gleitet, die das luxuriös disponierte Orchestre Victor Hugo unter der Stabführung von Jean-François Verdier ausbreitet, mag man angesichts von so viel Eleganz und Schönheit fast vergessen, dass die gesungenen Worte mitunter unheimliche oder auch morbide (Alb)Traumbilder evozieren. Nicht, dass es der Sängerin an vokalem Gestaltungsreichtum mangeln würde - sie formt ihren Part lediglich sehr sublim, auf das Essentielle verdichtet und ohne dramatische Übertreibungen..."

Musik an sich, Georg Henkel, 02. Februar 2024

Every velvety rendition is a gem

"...Given the velvety beauty and poise of Piau’s performances, it’s frustrating to get only one number, Le Spectre de la Rose, from Berlioz’s Les Nuits d’Été, and just two by Duparc (one of them L’Invitation au Voyage), but the chance to hear much less well known settings by Charles Koechlin – two of his very early Quatre Poèmes d’Edmond Haraucourt and one of his Trois Mélodies Op 17, Épiphanie, which seems to me a tiny masterpiece – is more than enough compensation. But, really, every one of Piau’s performances is a gem: every phrase is elegantly turned and inimitably coloured, every word is savoured and crystal clear..."

The Guardian, Andrew Clements, 4 janvier 2024

Sandrine Piau dans l'émission "L'invité du jour" sur France Musique du 11 janvier

"La musique, par moments, arrête le temps"

https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/l-invite-e-du-jour/sandrine-piau-soprano-synesthete-5726066

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Quand je chante, je vois des couleurs ou des formes

"Avec Reflet, la chanteuse lyrique s’est plongée dans la mélodie française orchestrale, véritables poèmes sur notes. Un disque chatoyant qui convoque Debussy, Ravel, Berlioz, Britten, et les moins connus mais essentiels Henri Duparc et Charles Koechlin.

L'Humanité, Clément Garcia, 4 janvier 2024

One hour of concentrated French charm

"...This time the language is French, even when one of the composers is Benjamin Britten, and the fusion between the music and the shifting colours of her voice is deliciously complete. Nothing could be more beguiling than the opening track, Le Spectre de la rose from Berlioz’s Les Nuits d’été, where the sad caress of Piau’s phrasings come admirably blended with the muted sounds of the Orchestre Victor Hugo, conducted by Jean-François Verdier..."

The Times, Geoff Brown, 10 janvier 2024

Piau et Hugo, Reflets vocaux et musicaux

"... Dans un programme tout en français faisant côtoyer raretés et pièces plus connues, Sandrine Piau et l’Orchestre Victor Hugo dirigé par Jean-François Verdier donnent un "Reflet" en diptyque au "Clair-Obscur" : un album féérique d’une rare poésie..."

"... L’instrument presque évanescent de Sandrine Piau projette lui aussi ses propres reflets et éclats de lumière, et l'oreille ne peut que succomber devant la sensibilité musicale. Comme à l’accoutumée, le raffinement des phrasés est infini, les moirures argentées et luminescentes d’un timbre flûté ont su avec les années garder toute leur fraicheur, la gamme de couleurs pare une ligne vocale qui reste à tout moment de la plus grande droiture. Aucun « effet » proprement vocal dans cette proposition, la voix se mêlant aussi intimement à l’orchestre comme si elle n’en était qu’un instrument de plus..."

Patrick Delacour, Ôlyrix, 9 mai 2024

ALLMUSIC review by James Manheim

In a world of "singles," pursued even by classical music labels nowadays, here is a whole album that makes up a single, sublime musical utterance. Reflet is a follow-up, similarly concerned with light effects, to soprano Sandrine Piau's German-language Clair-Obscur of a few years back. The German songs might have been a bigger stretch for Piau than the French material here, but Reflet has possibly an even more sublime coherence. One feels that every note is almost foreordained as the program opens with classic orchestral songs from Berlioz, Henri Duparc, and the less common Charles Koechlin, proceeding into darker, more mysterious realms with Ravel's Trois poèmes de Stéphane Mallarmé, and ending with the youthful ebullience of Britten's Quatre chansons françaises. An illustration of how carefully calibrated everything is here comes with two Debussy pieces, Clair de lune and "Pour remercier la pluie" (from the Six Épigraphes Antiques), arranged for orchestra from other media. These serve as entr'actes between the sections of Piau's program, and they should by all rights have been annoying: aren't there enough genuine orchestral pieces that could have filled the bill? But just listen. These fit into the patterns that run through the whole album, and they make perfect sense, just like everything else. Piau's voice is delicate, soaring, and richly beautiful; one of the miracles of the current scene is its durability and versatility. Her support from conductor Jean-François Verdier, leading the Victor Hugo Orchestra, is confidently smooth, never intruding on the spell Piau weaves. A magnificent orchestral song recital that made classical best-seller lists in early 2024.

AllMusic.ccom, James Manheim, February 2024

Fascinante imagen sonora por Sandrine Piau

" ...Tres años después de su CD Clair-obscur, consagrado al lied postromántico, nos llega esta segunda parte del díptico de Sandrine Piau dedicada a la mélodie, Reflet. Al escuchar a la soprano francesa, me vienen dos reflexiones a la cabeza: la primera, que es asombrosa la frescura de su voz tras casi cuatro decenios de carrera; la segunda, que sus versiones tienen la facultad de convencer de que son LA versión. Se puede hacer diferente, pero no mejor. La magnífica selección de obras, hecha tanto en función de la música como de la poesía, contiene partituras tan conocidas como Le spectre de la rose junto a otras inhabituales, como algunas de Koechlin o de Britten. La lírica francesa –ópera y mélodie– está tan unida a su texto que se puede decir que le música nace de la prosodia, y si hay una maestra en “decir cantando”, es Piau. Todo matiz, todo acento, proviene del idioma y sus flexiones. De ahí esa fluidez, esa naturalidad y esa evidencia en la interpretación.

Es de justicia afirmar que está excepcionalmente bien acompañada por la Orquesta Victor Hugo, que lleva a cabo una labor de una finura digna de las veladuras de una pintura al temple. No en vano su director, Jean-François Verdier fue clarinete solista de la Opéra de Paris y conoce tanto la voz como la orquesta desde dentro.

Presten atención a cada detalle, como esa palabra final, lune, en Pleine eau de Koechlin, donde la voz se funde con la orquesta en ese encadenamiento sorprendente y genial de tres acordes antes de vibrar y dejarnos ver el reflejo de la luna en el agua. Iridiscencias instrumentales y vocales, solares y lunares, de agua o de nieve, de risas o de llantos que traducen la complejidad de los sentimientos humanos y los reflejos de la realidad, que, quizá sea lo único que realmente percibimos. Déjense iluminar por esta fascinante imagen sonora..."

scherzo.es, Ana García Urcola, 18/02/2024

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